Un nouveau terrain de collaboration pour le RCPS :
la création d’un département pour la formation infirmière à l’UQAM
Par Natalie Stake-Doucet | Mars, 2026
En octobre 2024, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) s’est dotée d’une nouvelle Faculté des sciences de la santé. Je me suis jointe au projet en juillet 2025 pour contribuer au développement de programmes en sciences infirmières. Très rapidement, il est devenu clair que cette initiative ouvrait une occasion unique de repenser la formation infirmière dans un réseau de la santé et des services sociaux fragilisé et en pleine transformation. J’avais déjà eu la chance de participer à une réflexion dans le même sens au sein du RCPS‑CHWN, où la collaboration, le leadership et l’innovation en main‑d’œuvre sont des thèmes centraux.
Les données probantes démontrent que la qualité des environnements de travail influencent directement la qualité des soins, mais aussi la santé mentale, le bien‑être et la rétention du personnel infirmier. On oublie trop souvent que la qualité des soins dépend des êtres humains qui les pourvoient; s’occuper du bien-être de ces personnes c’est aussi soutenir la qualité des soins donnés dans un milieu. Les coupures et mesures d’austérité venues fragiliser le réseau depuis plusieurs décennies ont miné le moral et les conditions d’exercice des personnes infirmières. Les taux d’épuisement, d’absentéisme et d’invalidité sont en hausse depuis des années au Canada. C’est une des réflexions qui motive le travail à l’UQAM : intégrer, dès la formation infirmière, une réflexion structurée sur la création de milieux de travail et d’apprentissage sains, comme condition essentielle à la pérennisation de la provision de soins de santé globale de qualité.
Les axes thématiques du RCPS rejoignent plusieurs idées mise de l’avant dans nos travaux sur l’infirmière du futur à l’UQAM. Nous sommes à une époque charnière au Québec, au Canada et globalement. Dans un monde marqué par des crises sociales, économiques et climatiques, la confiance vouée à la profession infirmière peut servir de point d’ancrage; les personnes infirmières vont de plus en plus devenir des focus de stabilité, d’écoute et de soutien. Les personnes infirmières du futur devront comprendre et occuper leur rôle social dans son entièreté, un rôle qui dépasse les murs des hôpitaux et permettra de renouer avec les fondements communautaires de la profession.
L’UQAM est un lieu privilégié pour porter ce renouveau. Même si la Faculté des sciences de la santé est toute jeune, elle s’inscrit dans une université forte d’un engagement social historique. Un produit de la Révolution tranquille — qui a notamment conduit à la nationalisation du réseau de la santé — l’UQAM porte une identité profondément ancrée dans la justice sociale, la démocratisation de l’accès au savoir et la mobilisation des communautés. Des centaines de chercheurs de l’UQAM sont d’ailleurs déjà engagés dans des projets de recherche en santé et services sociaux. Cette culture nous offre une base solide pour développer un modèle d’enseignement qui mutualise les expertises, favorise la coopération et évite de reproduire des dynamiques dans le réseau de la santé qui nuisent à la qualité des environnements de travail de soins.
En somme, le futur département infirmier, au sein de la faculté des sciences de la santé de l’UQAM, aspire à devenir un espace vivant de transformation — où formation, recherche, innovation et engagement communautaire convergent pour bâtir un système de santé plus humain, plus équitable et plus résilient.
Pour en savoir plus, joignez-vous à nous pour notre série de formation continue « L’infirmière du futur » :
Natalie Stake-Doucet, inf, PhD, co-responsable de l’axe thématique « Environnements de travail sains et rétention »